Mise en place d’un petit espace où les personnes cessent de se juger et commencent à s’estimer.

Depuis deux mois maintenant, j’ai créé un dispositif que j’ai appelé la « bulle d’estime », pour mieux accompagner les compétences psychosociales.

J’utilise une simple feuille posée sur une table, délimitée par un ruban adhésif, et elle change tout : elle structure un espace temporaire, protecteur, et surtout valorisant. Lorsque je sens qu’un élève en a besoin — parce qu’il doute, parce qu’il bloque, ou simplement parce qu’il a besoin de se recentrer — je dépose cette feuille sur sa table.

Et quelque chose se transforme.
Sa table n’est plus la même.

Cet espace est visible, palpable, délimité dans la classe. Il signale à l’élève – et aux autres – qu’ici, on entre dans une autre posture. Il devient alors possible d’entrer mentalement dans une bulle, dans un autre rythme, dans un espace où l’on pense autrement.
Et ce simple fait change déjà quelque chose.

Aux quatre coins de cette bulle, des phrases simples :
“Ici, j’ai le droit d’essayer.”
“Ici, j’ai le droit de comprendre à ma façon.”
“Ici, j’ai le droit de recommencer.”
“Ici, j’ai le droit de prendre mon temps.”

Résultat immédiat : les élèves y sont plus calmes, moins stressés.
Ils osent davantage poser des questions, reformuler, et surtout, retrouvent peu à peu une estime d’eux-mêmes que l’échec ou la précipitation peuvent facilement malmener.
Ils sont dans un autre univers au milieu des autres élèves.

Pour certains élèves, c’est tellement bénéfique qu’ils la réclament spontanément. Ils réussissent à progresser dans cette espace.
Pour d’autres, elle ne sert strictement à rien, ils la refusent.

Ce type d’espace n’est pas propre à l’école.
On le retrouve dans le monde du théâtre, où les comédiens s’isolent en coulisses avant d’entrer en scène.
On le trouve dans l’atelier d’un artisan, où un établi sert à reprendre un geste, à ajuster une pièce.
Dans l’univers industriel du TPS, le Lean, je pense à l’Andon : ce geste de ralentissement, qui permet à une personne de reprendre la main sur le processus, pour apprendre, ajuster, et repartir.

Il s’agit d’un moment à part, un espace transitoire pour se repositionner dans l’action.

Pour moi, cette bulle est un peu comme le chashitsu, l’espace wabi-sabi dans une maison pour la cérémonie du thé, au Japon. Un environnement sobre, propice à l’attention et à la transformation intérieure.
Je suis dans cet état quand je bois un thé matcha. Je me ressource.

La bulle d’estime n’est ni une punition, ni une récompense. C’est juste une bulle.
C’est un lieu de confiance, un espace pour reprendre souffle et retrouver l’élan d’apprendre.
C’est un espace maintenant indispensable dans ma salle de classe et qui ne prend pas plus de place.

Souvent, j’ajoute une de mes cartes EdUCARYOTE pour renforcer la confiance en soi, à découvrir ici : www.educaryote.fr

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