Mettre en place un forum ouvert et des ateliers libres

En 2009-2010, j’ai assisté à de nombreux cours dans mon établissement, assis au milieu des élèves, là où des collègues acceptaient ma présence silencieuse. J’ai participé à des cours de biologie, de physique, d’anglais, de français, de maths, d’EPS, ou d’histoire, observant le déroulement de ce que les élèves pouvaient vivre.

J’ai beaucoup appris.

Appris sur le cours et les concepts abordés, appris aussi sur les modes de communication, les échanges entre les élèves et/ou entre les élèves et l’enseignant, ou les déplacements de l’enseignant dans la salle de classe. C’est à partir de ces observations que j’ai su ce que je voulais mettre en place et ce que je ne voulais plus faire dans mes cours. Commencer à être un praticien réflexif, c’est grâce à une collègue d’EPS qui écrivait quelques réflexions à la fin de ses cours afin de s’améliorer.

J’apprécie l’autodidactie comme étant la seule marque d’autonomie, d’adaptation et de progression sur ses propres pratiques. Je ne suis pas partisan de prendre une méthode pédagogique et de l’appliquer hors de son contexte initiale, comme on peut devenir franchisé dans les métiers du commerce. 25 individus dans une salle de classe, c’est un environnement qui oscille entre les domaines chaotique et complexe, si on se base sur le modèle Cynefin ; ce sont les informations qu’il faut réguler, et non les élèves. Si les élèves sont au centre du système éducatif, ce sont les informations qui sont au coeur du système d’apprentissage. Suivant une vision holarchique, si on supprime les informations (bruit < signal < donnée < information) les élèves disparaissent, la communication élève-élève-enseignant disparait, le groupe classe disparait. Lire la suite

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En lisant #hyperlean, de Cecil Dijoux

Mon virage professionnel a commencé en 2009 lorsque je me suis intéressé de très près au Socle commun des Compétences. Ce socle était à l’époque un sujet tabou. Il venait de paraitre et personne n’osait en parler. Nous n’avions reçu aucune information, ni formation. Les réflexions rapides à propos de ce « nouveau programme » disait-on, tournaient autour d’un sous-programme. Par conséquent personne ne voyait l’intérêt de l’utiliser. Les prises de conscience ont évolué depuis.

En effet, il s’agissait de prendre en compte les aptitudes des élèves à s’approprier leurs apprentissages, à devenir responsables et autonomes dans un cadre éducatif, à l’intérieur d’un programme général. Il s’agissait donc d’envisager une forme de pédagogie active, issue des réflexions et travaux de John Dewey, courant de pensée adopté par Maria Montessori ou Célestin Freinet.

De fait, ce socle ouvrait une voie pour quitter la double influence du modèle Tayloriste du début du XXe siècle associé au modèle militaire Prussien du XIXe siècle :

  • recherche d’efficacité,
  • individu comme une ressource ou un produit,
  • absence d’apprentissage individuel.

D’où les tables alignées en rang dans une salle de classe, un programme et une cadence unique générée par un professeur. Lire la suite

EdUCARYOTE : apprendre du vivant et respecter le vivant

  • Définir des zones, des espaces, des domaines d’influences.
  • Proposer une carte de ces zones d’influences afin de modifier mon état d’esprit.
  • Perdre les automatismes inscrits dans mes manières de penser, réagir, agir.
  • Avoir le choix.
  • Prendre des décisions sous forme d’hypothèses pouvant être confrontées rapidement à des feedbacks divers et variés.

-> Cette carte des espaces d’influences pourrait être intitulée EdUCARYOTE.

Ayant débuté une prise de conscience majeure en 2009 à la suite de la publication du socle commun des compétences, je commence maintenant à avoir une vision de plus en plus précise de mon cheminement dans l’enseignement. Je progresse lentement : j’ai besoin d’être certain de ne pas créer trop de dégâts pour les élèves dès que je veux expérimenter. J’avance donc par petits pas.

La découverte de la philosophie agile aura été un accélérateur dans la structuration de mon enseignement. Les rencontres et les échanges par la suite avec des programmeurs, des ingénieurs et des agilistes, véritables praticiens spécialistes de l’apprentissage, m’ont permis des prises de consciences radicales.

Constructivisme, cybernétique et systémique.

Un constat m’apparait clairement : parce que la construction des informations par les élèves est au centre du système éducatif, enseigner est une profession qui se situe entre le complexe et le chaotique, suivant le cadre Cynefin. Pour accompagner les élèves dans une amélioration de leurs connaissances, il est ainsi primordial de comprendre les mécanismes physiques, biologiques, humains qui participent aux processus d’apprentissages. Il est tout autant primordial de comprendre que la pédagogie est un exercice particulièrement difficile et délicat demandant une grande rigueur et de vastes connaissances. En effet, l’unique transmission des savoirs est une fausse piste pour enseigner et pour aider chaque enfant à progresser.

J’ai conscience de mes limites : le nombre de livres et d’articles à lire, de conférences à regarder, par jour, par semaine ou par mois ne peut dépasser un certain seuil. Je ne dois donc pas gaspiller mon temps, ni mes lectures : trouver les moyens d’aller à l’essentiel, et cependant, malgré tout, accepter aussi de me fourvoyer. Lire la suite

Sur le chemin du lean : amélioration continue et développement des personnes

Ce mercredi matin. Une classe de 5e, des enfants de 12 et 13 ans. 5 absents.

Le sprint de 8 heures de leur troisième période d’expérimentations inspirée de scrum-kanban-xp vient de se terminer. Il est temps de se consacrer à un bilan, une rétrospective réflexive. Après avoir écrit leurs « compliments, remerciements ou bravo » sur leurs coeurtes, ils indiquent, sans concertation avec les autres élèves du groupe, leurs points positifs et leurs points négatifs : Lire la suite