Enseignement et Spirale Dynamique

En 2008, j’effectuais une formation en Spirale Dynamique avec Patricia et Fabien Chabreuil. Peu après cette formation, avec Fabien Chabreuil nous avons élaboré un document de réflexion pour accompagner les enseignants à comprendre les enfants avec plus de finesse et à faire ainsi émerger une démarche de bienveillance.

Ce modèle de Clare Graves, professeur de psychologie Américain, présentant la complexité humaine, permet également de comprendre l’émergence d’organisations auto-organisées présentées par Frédéric Laloux dans ce livre Reinventing Organizations et dans cette conférence.

Presque dix après après avoir réfléchi sur ce modèle d’enseignement encadré par la Spirale Dynamique, je me rends compte que j’applique toujours ce que nous avions écrit, même s’il faudrait modifier quelques éléments. Je pense que c’est de cette manière que j’ai pu jusqu’à maintenant pratiquer mon métier avec sérénité, en rejetant toute forme de punitions ou d’exclusions.

Cette réflexion annonçait déjà le management Agile que j’allais découvrir en 2012. Lire la suite

Scrum, mes premiers pas en éducation (eduScrum)

J’essaie d’améliorer mon enseignement dans un état d’esprit Agile à travers 4 valeurs. Je continue de m’éloigner de l’aspect profondément tayloriste de la structure actuelle de l’enseignement.

Depuis plusieurs mois je me demandais comment intégrer Scrum dans mes cours, comment mettre en place une itération réglée au millimètre. Le mieux est de se lancer, de se jeter à l’eau et d’observer les actions, réactions. Le premier principe de la permaculture, rédigé par David Holmgren est « observer et interagir« . Il stipule que « ce principe vise essentiellement à faciliter l’émergence d’un mode de pensée à long terme, indépendant voire hérétique, indispensable pour concevoir de nouvelles solutions, plutôt qu’à encourager l’adoption et la recopie de solutions éprouvées ». Il me semble ainsi primordiale de créer un environnement propice pour faire émerger de nouvelles informations, de nouvelles idées et de nouvelles connaissances.

Claude Aubry, spécialiste de Scrum, précise dans son livre que « Scrum aide les gens à améliorer leur façon de travailler ».

Je connaissais depuis deux ans l’existence du cadre eduScrum mis en place par Willy Wijnands aux Pays-Bas mais je ne me sentais pas encore prêt : est-ce que j’allais être capable de mettre en place Scrum dans ma salle de classe, avec mes élèves Français ? Est-ce que les enfants Néerlandais sont culturellement prêts à utiliser Scrum? Est-ce que je n’allais pas perdre mes élèves, leur faire perdre leur temps ? Est-ce que j’allais pouvoir mettre en place le programme officiel comme je le fais d’habitude, avec ce cadre ?

Le cadre Scrum

Il me semble toujours important d’étendre mes stratégies d’enseignement pour varier les moyens de communication : cours magistraux interactifs, enseignement en petits groupes, en duo, élèves guidés ou en autonomie.

C’est finalement par hasard, après avoir regardé ces deux documentaires sur la permaculture, en Autriche avec Sepp Holzer et en France avec la Ferme du Bec Hellouin de Charles et Perrine Hervé-Gruyern, que j’ai eu le courage de passer le cap : construire un écosystème d’apprentissage autonome. Scrum, comme la permaculture, est un cadre frugal dans lequel vont pouvoir s’épanouir des informations et des connaissances, où rien n’est figé ni définitif. La frugalité de Scrum me plait. Il suffit d’une grande feuille de papier pour représenter un tableau, d’une poignée de post-it, et d’une feuille quadrillée, c’est tout. Pas besoin de moyens technologiques sophistiqués pour motiver les élèves et les rendre responsables de leurs apprentissages. Cette économie de moyens et d’outils stimulent en classe les prises de parole, la créativité et la débrouillardise chez les élèves pour trouver comment atteindre des objectifs, comment améliorer les connaissances, comment s’enrichir mutuellement, un petit pas après l’autre.

Le but, dans une salle de classe, est d’augmenter la fluidité des informations et de fournir rapidement de la valeur à chaque individu. Une des particularités dans l’enseignement est que chaque élève est son propre client. Il passera ses journées à s’enrichir, à augmenter ses capacités cognitives, à expérimenter… pour lui. En premier lieu, les élèves sont dans une classe-laboratoire et découvrent, apprennent pour eux-mêmes. Je ne suis que le garant et le facilitateur de leurs apprentissages. Je ne suis pas encore capable de leur promettre à tous une parfaite réussite au Brevet. Lire la suite

Agilité, Biomimétisme et Pédagogie à Agile Grenoble

Pour quelles raisons l’enseignement doit-il s’extraire du Taylorisme et doit-il délaisser « matière » et « énergie » pour se concentrer sur « l’information » ? Dans quels buts faudrait-il réfléchir davantage à la notion d’information ? Comment trouver des moyens de communication variés et frugaux ?

A cause de quoi l’enseignement n’est-il absolument pas une profession facile, ne reposant pas sur une unique transmission ?

En tant qu’êtres vivants sur Terre, un espace aux ressources limitées, en quoi est-il primordial de prendre conscience qu’il faut agir en fonction d’un horizon temporel très long ?

Tant qu’on parlera de méthodes pour enseigner et non pas d’état d’esprit, il n’y aura pas vraiment de réels changements dans le système éducatif. En utilisant les valeurs Agiles et influencé par le Biomimétisme, j’essaie d’apporter, non pas une ou des méthodes, mais quelques hypothèses à propos de cet état d’esprit, dans cette conférence réalisée à Grenoble en novembre 02016.

Je devrais donc commencer cette conférence en précisant explicitement: « Je présente un état d’esprit Agile, une manière de percevoir le monde et de m’y adapter au mieux. Je ne présente pas des méthodes d’enseignement qui pourraient être transposées dans d’autres situations avec d’autres élèves et d’autres enseignants…« .

conf-grenoble

Je remercie chaleureusement Alexandre Boutin et tous les membres d’Agile Grenoble pour cette invitation.

26 février : Marjorie me conseille les travaux de Carol Dweck. Voici une présentation de son travail dans cette conférence Tedx « Ne gâchons pas plus de vies » conclut-elle après avoir présenté l’importance de l’état d’esprit pour la réussite de chaque élève.

La Dictée Amicale (I)

Le but, me semble-t-il, n’est pas de trouver une méthode, mais de modifier l’état d’esprit du système éducatif.

En classe, pendant une séance d’apprentissage, chaque élève apprend à être attentif aux paroles d’un(e) enseignant(e) pendant cinq, quinze ou trente minutes. C’est un apprentissage exigeant dans la mesure où les élèves de collège, âgés de 11 à 15 ans, n’ont pas encore les capacités cognitives suffisantes pour conserver leur attention aussi longtemps. La bienveillance et son corollaire l’exigence sont une des clefs de l’apprentissage ; enseigner, c’est en premier lieu protéger des individus qui n’ont pas encore un cerveau mature.

La première valeur du manifeste Agile propose « Des individus et leurs interactions de préférence aux processus et aux outils ». Cette valeur devrait être l’état d’esprit spécifique dans une salle de classe. En effet, si apprendre à écouter, décoder et recoder une information est primordiale pour devenir autonome, alors il ne faut pas oublier que savoir échanger avec les autres, vérifier, être sûr de soi sont des expériences d’apprentissage tout aussi importantes.

La dictée a longtemps été pour moi, enseignant, un exercice fastidieux qu’il fallait mener car il est présent dans l’épreuve finale du Diplôme National du Brevet. Je n’ai jamais vraiment jusqu’à présent réussi à faire progresser les élèves en difficulté à travers cette épreuve. Je ne fais que constater que les très bons élèves le restent, et que les plus en difficulté ne réussissent jamais. Quel intérêt ? Lire la suite