Une année de réflexion. Suite à un accident de la route fin septembre, je suis resté bloqué chez moi jusqu’à cette rentrée de septembre. Un très long confinement.

J’ai eu de la chance dans cet accident. Je reviens vivant et debout.

J’ai eu du temps. Je devrais dire des temps.

Le temps de réfléchir. Le temps d’essayer d’écrire et de finir ce projet de livre sur la pédagogie agile, mais des barrières insoupçonnées ralentissent le projet. Le temps de prendre le temps de lire. Le temps privé de yoga mais le temps de méditations. Le temps de faire le point, de peser le pour et le contre, de prioriser. Le temps surtout de réapprendre à marcher.

Je suis donc de retour dans la salle de cours. C’est une joie immense et un profond soulagement. Les douleurs physiques sont encore tenaces et devraient durer encore au moins une année. Heureusement les projets à mettre en place dans la salle de cours, et en parallèle, me font oublier mon corps pendant les heures d’enseignement.

Le projet contre le racisme.

Mon projet transdisciplinaire à propos du racisme attendra encore une année. Dans la salle de cours, élèves et moi-même nous sommes tous masqués et pour que ce projet soit cohérent, il est nécessaire que les élèves montrent leur visage. Je ne ferai donc que des cours sur les couleurs de peau, l’esclavage et le racisme, comme les années précédentes, sans préparer l’exposition prévue.

Le projet socle commun et programme.

Mon projet sur la mise en place des programmes officiels de l’éducation nationale incluant le socle commun touche presque à sa fin. Une fin toute relative. Disons la création d’un palier stable.

À partir de 02009, j’ai débuté mon apprentissage des programmes des cycles 1, 2, 3 et 4, de la maternelle au collège : les sciences, les arts…. Jusqu’à maintenant j’ai consolidé mes connaissances en biologie, physique, management, sciences cognitives… Ce sont les premiers billets sur ce blog relatifs à la pensée complexe, où j’exprime mon désir de ne plus voir la salle d’apprentissage et l’enseignement comme un acte facile, évident, ou explicite. Fin du premier palier.

À partir de 02012, début de l’agilité dans ma pédagogie, une pédagogie liée au Manifeste Agile, à des éléments du Lean (ou TPS, Toyota Production System). Cette pédagogie basée sur le socle commun devient pour moi maintenant cohérente. Mes tâtonnements, les fausses pistes, les erreurs, les échecs, les fausses croyances ont fait place à des patterns solides. Le pragmatisme et l’expérience ont pris le dessus sur les idées utopiques et les influences sans intérêt.

Afin de créer des limites avec l’apport de méthodes agiles (Scrum, Extreme Programming) ou de techniques du lean, j’ai ajouté le biomimétisme. Une manière de rester le plus proche possible du vivant afin de ne pas perdre de vue l’humain. C’est à ce moment que je me suis interrogé sur la notion d’information.

Fin du second palier.

J’ai pu alors mettre en place la coopération, l’entraide, des cheminements vers l’autonomie grâce à la division, dans la salle de cours, de chaque groupe en 6 groupes autonomes. Il est plus aisé d’enseigner en petits groupes, et une manière plus simple pour créer un peu d’autonomie et de confiance en soi chez les élèves.

Je me suis rendu compte pendant cette année que je ne touchais pas encore du doigt le projet pédagogique demandé par le programme. En effet, mettre les élèves en groupe dans le but de créer de la coopération à l’aide d’un kanban n’est qu’une partie du projet pédagogique. La moitié du projet. La moitié du cadre. Et cette moitié privée de l’essentiel n’a aucun intérêt.

Il me manquait la partie fondamentale, c’est-à-dire la personnalisation pour mener à bien la philosophie du programme.

Cette année je pense parvenir enfin à créer ce dernier cadre, celui qui aidera la plupart des enfants à cheminer vers l’autonomie, à passer du statut d’élève à celui d’apprenant.

Début du troisième palier.

Le projet cahier de l’élève.

Ce nouveau cadre est le projet qui me tient le plus à coeur. C’est la refondation du cahier de l’élève. Je sais dès à présent, après deux semaines de cours et de mise en place de ce nouveau cahier, que si je le supprimais, je ne pourrais plus enseigner comme le demandent le socle et le programme. Je ne pourrais également plus accompagner chaque élève individuellement vers un degré d’autonomie satisfaisant.

D’ailleurs, entre parenthèses, je ne comprends toujours pas comment on peut imposer à un enfant de collège ou de lycée, d’être autonome et de s’organiser, juste en le disant, comme ça, je te dis d’être autonome alors sois-le. Il existe encore cette croyance, une croyance religieuse ou une ineptie venue encore de la psychanalyse, que la parole donnée peut changer un individu, le guérir sans doute. Je n’ai encore jamais vu d’enfant devenir spontanément organisé, autonome et sachant anticiper parce qu’un enseignant lui avait dit de l’être. Jamais. On pourrait de la même manière mentionner les adultes qui, sans aucune formation, ne peuvent comprendre comment organiser, prioriser, anticiper… Alors ne demandons pas l’impossible à un enfant de 12 ou 16 ans.

Fin de la parenthèse.

Le projet du blog.

Je vais reprendre l’écriture sur ce blog et tenter de relancer des conférences. Il me semble important de montrer pour quelles raisons la pédagogie est une valeur indispensable, tant dans un établissement scolaire, que dans une entreprise, une association, un groupe, ou une famille.

Le besoin de financement pour acheter du matériel pédagogique se fait sentir. Je dois renouveler les affiches kanban, les post-it, ainsi que des accessoires pour mettre en place agilité et lean. De même, j’ai besoin d’argent pour préparer l’exposition sur le racisme. Il me faudrait donc faire quelques conférences, et des aides. J’ai envoyé des courriers à quelques associations et organismes. Le temps d’attendre des réponses.

Je vais tenter l’écriture hebdomadaire sur ce blog. Le lundi ? La plupart des billets seront des comptes-rendus d’expériences, des points de vue ou des réflexions sur les expérimentations réalisées en salle de cours grâce au lean et à l’agile.

J’ajouterai en plus des articles à propos des outils, des techniques et des méthodes appliquées pendant les cours. Ces articles spécifiquement techniques et transposables dans un autre contexte seront payants.

Je continue donc la mise en place du socle commun de connaissances, compétences et culture, des programmes officiels ainsi que Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur d’Edgar Morin, parce qu’il n’y a aucune limite dans un projet pédagogique.

Prochain article sur un sujet abordé rapidement dans un précédent billet : Comment accompagner les individus d’une autonomie basse à une autonomie haute.

2 commentaires sur « Mise au point »

  1. Bonjour Christian,
    Je vous souhaite de vous rétablir vite afin que vos douleurs n’entament pas trop cette belle énergie dont vous faîtes preuve.

Laisser un commentaire ou une aide, merci

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