Ce mercredi matin. Une classe de 5e, des enfants de 12 et 13 ans. 5 absents.

Le sprint de 8 heures de leur troisième période d’expérimentations inspirée de scrum-kanban-xp vient de se terminer. Il est temps de se consacrer à un bilan, une rétrospective réflexive. Après avoir écrit leurs « compliments, remerciements ou bravo » sur leurs coeurtes, ils indiquent, sans concertation avec les autres élèves du groupe, leurs points positifs et leurs points négatifs :

  • Qu’est-ce qu’ils ont amélioré ?
  • Qu’est-ce qu’ils doivent encore améliorer ?

10 minutes de réflexion, puis je relève leurs réponses pour faire un bilan.

Leurs réponses :

Pour la première fois, je suis étonné, plutôt agréablement surpris, par la variété et la précision de leurs réponses. Elles englobent des savoirs disciplinaires, des compétences scolaires et des soft skills.

Les réponses des élèves et leurs prises de conscience n’entrainent pas la création d’un contrat, ni d’engagement signé. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de créer un contrôle à ce stade de l’apprentissage.

Les outils frugaux mis en place sur le panneau ont apparemment porté leurs fruits : des outils pour communiquer (les individus et leurs interactions), pour contrôler (la collaboration élèves-professeur) et pour provoquer des feedback (une réponse au changement).

Les progrès de chaque élève ne se mesurent pas avec une note. C’est la question qui m’est souvent posée : « Est-ce qu’ils ont de meilleures notes avec votre méthode ? » Ma réponse est toujours la  même : « ils n’ont pas de meilleures notes. Ils pourraient éventuellement avoir de meilleures notes si l’ensemble de l’établissement devenait une structure apprenante. Et ce n’est pas une méthode. »

Je crois pouvoir dire maintenant que les progrès de chacun se mesurent avec les prises de conscience variées et précises mentionnées plus haut, avec la variété des créations, avec un bien être intime et parfois inexprimable, avec une qualité de flow incalculable. Il est important de souligner que tous les élèves ont des qualités, et ces qualités humaines ne sont pas mesurables par des chiffres.

AMÉLIORER LES PRISES DE CONSCIENCE

Avec ce début de prise de conscience pour les élèves, une prise de conscience pour moi. Il me semble que je commence à être sur le chemin du lean :

  • la satisfaction du client : ils sont clients alors je leur propose une formation au plus près de leur demande / je suis client alors ils me fournissent des améliorations au plus près de mes attentes.
  • l’élimination des gaspillages : avec un flux tiré des informations, ils se concentrent sur ce qui est important pour eux en ne perdant pas de temps sur des activités inutiles / avec un flux tiré des informations, je me concentre sur la pérennisation des valeurs de ma mission.
  • le développement des personnes : privilégier le bien être de chaque enfant par la confiance reliée à la vigilance / privilégier le bien être de chaque élève par la bienveillance reliée à l’exigence / privilégier mon bien être par l’autonomie reliée à la responsabilisation.

Si je ne me trompe pas, si je suis bien sur le point départ d’un cheminement vers le lean, je pense être prêt pour septembre prochain.

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