Présentation synoptique et holarchique des Programmes de Français 2016, cycle 4

De la même manière que les programmes de français de 2008, j’ai réalisé une vue d’ensemble des programmes de français 2016 cycle 4, en présentant les progressions et les impératifs du cycle par une structure holarchique et synoptique. Le but est de remplacer le plan d’organisation du programme par une carte. La carte, comme moyen mnémotechnique, est en effet plus réaliste et plus souple pour aider à mettre en place les processus.

Ce tableau est imprimable au format A1

 

programmes cycle 4 français

Ce tableau se lit du centre vers la périphérie : au centre un très bref aperçu du cycle 3, puis le cycle 4 avec les niveaux 5ème, 4ème et 3ème.

Dans la partie supérieure, en bleu, les compétences langagières orales et écrites ainsi que la lecture. En premier, au centre, le langage oral, puis à gauche l’écriture, et enfin la lecture au dessus de la culture littéraire et artistique.

Les domaines (langage oral, écriture, lecture) se lisent de la gauche vers la droite. Ainsi, par exemple pour le langage oral, la progression est indiquée avec le premier ensemble « Comprendre et interpréter des messages et des discours oraux complexes » pour parvenir à « Percevoir et exploiter les ressources expressives et créatives de la parole« . Les différents éléments sont inclus les uns dans les autres, montrant le caractère holarchique de l’ensemble.

Langage oral

Langage oral

Ainsi le groupement de compétences placé à gauche est prioritaire sur les suivants. Le dernier groupement contient tous les ensembles de compétences.

Dans chaque sous-ensemble, la progression se lit du bas vers le haut, de la 5ème vers la 3ème. Les attendus se lisent eux de haut en bas.

En orangeles compétences linguistiques. L’ensemble de compétences prioritaires est situé à droite « Connaitre les aspects fondamentaux du fonctionnement syntaxique« . La lecture pour chaque ensemble se fait de haut en bas, de la 5ème vers la 3ème.

La culture littéraire et artistique, en vert, avec les 4 grandes entrées (Se chercher, se construire, etc) et les 5 questionnements (Dire l’amour, etc) à développer chaque année. Les pastilles de couleur indiquent les genres littéraires : obligatoires en haut, optionnels en bas.

Quand l’expression orale, l’expression écrite et le travail collaboratif se nourrissent mutuellement et développent l’engagement

L’expression écrite est un travail complexe. Sans doute l’exercice le plus complexe réalisé au collège. Ce travail d’écriture demande du temps, de la patience et de la confiance pour devenir une oeuvre littéraire.

En septembre 2015, j’ai proposé aux élèves une liste de sujets parmi lesquels ils pouvaient choisir chaque mois celui qu’ils voulaient traiter. La prise de décision personnelle est source de motivation et donc d’engagement dans un cadre créatif.

En juin 2015, après 10 mois de formation, en faisant le bilan des travaux des élèves, j’ai pu constater une efficience élevée, avec 100% d’engagement, d’améliorations et de réussite pour cet apprentissage, quelques soient les notes obtenues au cours de l’année. Le but n’est pas seulement la note ; le but c’est l’émergence de compétences à travers la participation, l’engagement, la tentative, les essais-erreurs dans un projet : l’écriture d’un texte littéraire.

Tous les élèves ont modifié positivement leur manière d’écrire et de raconter sur l’ensemble de l’année, grâce à une rédaction par mois, soit 9 rédactions sur l’année.

Les valeurs de l’Agilité sont à la base de cette formation.

Des créations opérationnelles plus que des connaissances exhaustives

En classe de troisième, un seul élève, en difficulté, a refusé d’écrire sa rédaction en septembre et ce fut son unique refus. Il a réussi par la suite à écrire  des histoires passionnantes et a pu atteindre 12/20. Il n’a malheureusement pas obtenu le brevet. Dans la même classe, une autre élève en très grande difficulté n’a écrit qu’une dizaine de lignes sur sept rédactions et une trentaine de lignes pour deux autres. Elle ne faisait presque pas d’erreurs d’orthographe et de grammaire et possédait un très beau style. Elle a même accepté de venir pendant un cours de cinquième pour améliorer une de ses rédactions inachevées. Malgré une note maximale de 7/20 pendant l’année, elle a terminé avec un récit plus maîtrisé qu’en début d’année. Enfin, les trois élèves de troisième appartenant à l’ULIS (Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire) ont tous les trois nettement progressé, et ont travaillé souvent sans aide et en écrivant en classe.

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Mon nouveau livret d’accompagnement pour révéler les progressions et l’autonomie

Six ans après la création du premier livret suite à une discussion passionnante avec un formateur en auto-école, après de nombreux tâtonnements, j’essaie une nouvelle version du livret personnel d’apprentissage. C’est la sixième version qui sera proposée aux élèves et à leurs parents en septembre, prenant pleinement en compte la notion d’amélioration continue.

4 raisons d’améliorer la précédente version du livret :

– pas de réelles indications d’amélioration des différents travaux. Les élèves comptaient le nombre de réussites et se comparaient les uns aux autres.

– les indications seules ne permettaient pas de motiver les élèves dans leurs apprentissages. Par conséquent ils demeuraient passif avec ce livret, ne l’utilisaient pas pour suivre leur progression. De fait les parents ne pouvaient pas se rendre compte du parcours effectué par leur enfant. Le livret ne reflétait ni le rythme, ni le parcours spiralaire d’une année.

– j’ai eu beaucoup de difficulté pour remplir les dernières périodes : manque de temps. Manque de motivation. Pas d’utilité pour émettre des commentaires à propos des progrès.

– la présence quotidienne d’un livret utilisable par l’élève est indispensable pour révéler l’efficience, les progressions, l’engagement personnel et l’autonomie.

Le nouveau livret

L’objectif est donc d’engager chaque élève à utiliser, remplir, prendre en compte son livret pour s’auto-évaluer et améliorer ses réalisations,  de manière kaïzen. J’ai donc pris en compte les capacités réels des élèves, les exigences du programme et du socle des compétences, les attentes des élèves et celles, implicites ou explicites, des parents, mes capacités à pouvoir évaluer les progressions, parfois infimes, et mon temps disponible avec une constante : dépenser le moins d’énergie possible afin de faire émerger une efficience élevée.

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